Bâtir au-delà du fauteuil : Dr Khash Gharavi

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Certains jours, le Dr Khash Gharavi soigne des patients au fauteuil. D’autres jours, il travaille avec des développeurs et des équipes dentaires pour résoudre l’une des grandes frustrations opérationnelles de la profession : la gestion des assurances.

Pour le Dr Gharavi, les deux rôles sont étroitement liés.

« Je suis d’abord et avant tout clinicien, dit-il. Mais tout ce que je construis prend racine dans les problèmes que j’observe en pratique. »

Cette double perspective façonne sa vision de l’avenir de la dentisterie — un avenir qui conjugue de plus en plus soins cliniques, stratégie d’affaires et technologie. Alors que de nombreux dentistes suivent encore la trajectoire classique qui mène du fauteuil vers la propriété d’un cabinet, le Dr Gharavi explore de nouveaux modèles d’exploitation pour les cabinets modernes.

Jeter les bases

Le Dr Gharavi a commencé à travailler à pourcentage pour Dentalcorp en 2017. « C’était l’un de mes premiers cabinets après l’obtention de mon diplôme, se souvient-il. On y bénéficie d’un soutien important, tant sur le plan technique que sur celui du développement. »

Cette expérience l’a aidé à s’affirmer comme clinicien tout en l’exposant au côté opérationnel de la dentisterie : le fonctionnement des cabinets, la gestion des équipes et les systèmes susceptibles d’améliorer l’efficacité.

Aujourd’hui, il organise délibérément sa semaine : deux jours environ consacrés aux patients, le reste dédié à Smilepass, un logiciel de vérification des assurances dentaires alimenté par l’intelligence artificielle, conçu pour automatiser les flux de travail liés aux assurances et alléger le fardeau administratif des équipes dentaires. C’est un problème que connaît bien chaque équipe de réception : obtenir un détail des couvertures d’assurance dentaire oblige traditionnellement le personnel administratif à passer des heures au téléphone avec les assureurs. Smilepass fournit un relevé complet en quelques minutes, permettant aux cabinets d’économiser plus de 20 heures par semaine.

« Le travail clinique me garde ancré dans ce que les dentistes et les patients vivent au quotidien, dit-il. Le reste de la semaine, je travaille avec notre équipe chez Smilepass sur les problèmes qui éloignent les dentistes des soins aux patients. » « La gestion des assurances est l’un des coûts cachés les plus importants d’un cabinet, explique le Dr Gharavi. Si nous pouvons en décharger l’équipe, nous offrons au personnel de réception quelque chose qu’on ne peut récupérer autrement : du temps. Du temps pour accueillir les patients par leur prénom, répondre à leurs questions sans surveiller l’horloge et tisser la confiance qui transforme une première visite en une relation durable. »

Repenser la trajectoire traditionelle

Pendant des décennies, le parcours attendu en dentisterie était relativement balisé : acquérir de l’expérience clinique, acheter un cabinet, s’occuper de la gestion. Toutefois, ce modèle évolue et le Dr Gharavi fait partie d’une génération qui redéfinit ce que peut signifier le succès dans la profession.

Sa trajectoire professionnelle reflète également des changements plus larges au sein de la dentisterie, notamment l’essor des cabinets détenus par une société et l’intérêt croissant pour d’autres modèles de carrière.

« Il y a plus d’ouverture aujourd’hui à des parcours qui sortent des sentiers battus, dit-il. On n’a plus à choisir entre être clinicien et être entrepreneur. Beaucoup d’entre nous font les deux. »

Cette évolution est en partie pragmatique. Le côté affaires de la dentisterie — de la dotation en personnel aux opérations en passant par le marketing — est complexe et généralement peu couvert en profondeur pendant les études dentaires.

« La formation clinique est solide, explique-t-il. Mais les affaires, c’est quelque chose qu’on apprend par soi-même. »

Plutôt que de se précipiter vers la propriété d’un cabinet, le Dr Gharavi a choisi de développer ces compétences graduellement tout en explorant des occasions au-delà d’un seul cabinet.

Penser au-delà d'un seul endroit

Interrogez le Dr Gharavi sur l’avenir et la conversation dépasse rapidement son horaire clinique actuel.

« Smilepass est déjà présent dans des cabinets de toutes les provinces du Canada, dit-il. La prochaine étape, c’est de croître à partir de cette base et d’entrer sur le marché américain. »

Cette croissance ne se résume pas à la géographie. Elle suppose aussi de développer des systèmes capables de s’adapter à des environnements réglementaires et à des tailles de cabinets variés. La technologie est au cœur de cette vision.

« Nous cherchons des façons de rationaliser les processus et d’automatiser là où c’est possible, explique-t-il. Surtout pour les cabinets en sous-effectif. Si on peut rendre les opérations plus efficaces, on peut aider les cabinets à croître sans exercer de pression supplémentaire sur les flux de trésorerie. »

C’est une perspective qui reflète un virage plus profond dans la dentisterie, où l’expertise clinique se conjugue de plus en plus à l’entrepreneuriat et à la technologie. Pour le Dr Gharavi, ces deux dimensions ne sont pas séparées : elles se nourrissent mutuellement.

Aux premières loges des transformations du secteur

En plus de son travail clinique et entrepreneurial, le Dr Gharavi siège au comité consultatif du CDSPI, qui réunit des professionnels dentaires pour discuter des tendances et des enjeux de l’industrie. Le groupe se rencontre chaque année pour faire le point sur les questions émergentes et contribuer à orienter les futurs produits et services.

« C’est une occasion de prendre du recul et d’examiner le tableau d’ensemble, dit-il. Qu’est-ce qui change? Quels sont les défis? De quoi les dentistes ont-ils réellement besoin? »

Parmi les sujets fréquemment abordés figurent les programmes gouvernementaux tels que le Régime canadien de soins dentaires (RCSD), les taux de remboursement et la viabilité financière des cabinets.

« Ce sont des préoccupations bien réelles, affirme le Dr Gharavi. Elles influencent le fonctionnement quotidien des cabinets. »

Le comité offre également une occasion de tisser des liens et de favoriser la collaboration au sein de la profession.

« La dentisterie est une communauté assez soudée, dit-il. Ces rencontres sont un excellent moyen de bâtir des relations et d’entendre des points de vue différents. »

Bâtir un réseau, un contact à la fois

Malgré son engagement envers la croissance et l’innovation, le Dr Gharavi reste fidèle à l’une des traditions durables de la profession : apprendre de ses pairs.

« Les clubs d’étude en font partie, dit-il, comme les congrès et les plus petits événements. »

Ces contextes offrent des occasions de discuter de cas, d’échanger des idées et de demeurer au fait des nouvelles avancées dans la profession. Ces conversations se prolongent de plus en plus en ligne.

« Les médias sociaux ont facilité les contacts, note-t-il. On peut joindre des collègues, obtenir un avis sur un cas ou simplement rester en contact. »

Bon nombre de ces relations remontent à l’école dentaire, un rappel que les liens tissés en début de carrière deviennent souvent des sources durables de soutien et de collaboration.

Regard vers l'avenir

Pour le Dr Gharavi, l’avenir de la dentisterie est riche en possibilités. Les pressions économiques, les changements de politiques et l’évolution des attentes des patients continuent de remodeler la profession.

Plutôt que de voir ces transformations comme des obstacles, il les aborde comme autant d’occasions de mieux comprendre l’orientation de la dentisterie — et d’y contribuer.

« Il se passe beaucoup de choses, dit-il. Mais cela signifie aussi qu’il y a des occasions à saisir. »

Pour l’heure, le Dr Gharavi continue de partager son temps entre les soins aux patients et le développement de Smilepass. Cet équilibre, dit-il, le maintient ancré à la fois dans la réalité de la pratique et dans l’avenir qu’il espère contribuer à façonner.