Le Dr Ray Grewal a délibérément créé quelque chose qui sort de l’ordinaire : un réseau de chirurgie buccale fondé sur le partenariat, le mentorat et l’ouverture aux nouvelles occasions. Au fil de sa carrière, il a développé son entreprise à Vancouver, passant de deux à six cabinets. Toutefois, ce qui définit le mieux son parcours, ce n’est pas le nombre de succursales, mais sa vision de la gestion.
Aujourd’hui, Dr Grewal occupe un rôle que ses collègues qualifieraient de « doyen ». Il se consacre désormais à former la prochaine génération de chirurgiens, à faciliter l’accès à la pratique et à instaurer une culture qui donne envie aux associés talentueux de rester.
Une carrière tracée dès le départ
Le parcours de Dr Grewal vers la chirurgie buccale a été à la fois ambitieux et pragmatique. Après avoir obtenu son diplôme de premier cycle à McGill en seulement trois ans, il est parti aux États-Unis pour faire des études dentaires à Columbia, puis une formation en chirurgie buccale à Yale. À l’époque, les possibilités au Canada étaient limitées et, comme plusieurs de ses pairs, il s’est tourné vers le sud pour accéder à des programmes de haut niveau.
« Il n’y avait tout simplement pas les mêmes perspectives au Canada », explique-t-il. « Si l’on voulait bénéficier d’une formation de ce niveau, il fallait se rendre là où elle existait. »
Cette décision impliquait des compromis. La formation était exigeante — longues journées de travail, gardes incessantes — et le soutien financier était minime. Il se souvient des sacrifices familiaux, surtout dans un contexte où le dollar canadien rendait les frais de scolarité américains particulièrement élevés.
Cette expérience l’a marqué. Elle a façonné non seulement son éthique de travail, mais aussi sa conscience de l’investissement nécessaire pour devenir spécialiste — et de la responsabilité qui en découle.
Une croissance sans limites
À son retour au Canada, Dr Grewal a commencé à exercer à une période où de nouvelles avenues commençaient à s’ouvrir. Ce qui a commencé comme une structure à deux cabinets s’est progressivement développé, non pas selon un plan rigide, mais en saisissant les bonnes occasions avec détermination.
« Vous voyez une occasion dans une région donnée, et vous vous demandez : est-ce que cela répond aux besoins des patients? Est-ce que cela convient au groupe? Si c’est le cas, vous vous lancez. »
Cette approche a tenu bon même en période d’incertitude.
« Nous avons ouvert des cabinets pendant la pandémie. Alors que la plupart des entrepreneurs se retiraient, nous estimions que certains besoins demeuraient insatisfaits. »
Le résultat est un réseau de six cabinets — un septième ouvrira bientôt — qui fonctionnent chacun de manière autonome, tout en étant liés par une direction et une philosophie communes.
« Chaque cabinet a sa propre personnalité », note-t-il. « Mais nous sommes tous sur la même longueur d’onde quant à notre façon d’exercer et de traiter les gens. »
La philosophie est simple : garder les portes ouvertes le plus longtemps possible.
Plutôt que de voir la croissance comme un plan figé, le Dr Grewal la considère comme une série de décisions requérant discernement et ouverture d’esprit. Cet état d’esprit a permis à l’entreprise d’évoluer de façon organique, en s’adaptant aux conditions changeantes tout en maintenant un niveau de soins constant.
Pourquoi la pratique en groupe est importante
Au cœur de l’approche du Dr Grewal se trouve une conviction profonde en faveur de la pratique en groupe. Dans un domaine où l’exercice en solo a longtemps été la norme, il a délibérément bâti un modèle qui privilégie la collaboration plutôt que l’indépendance.
Chacun des six cabinets fonctionne avec une certaine autonomie, tout en étant uni par une direction partagée et une communication constante. Cette structure offre de la souplesse — chaque site peut répondre aux besoins de sa propre patientèle — tout en évitant que quiconque travaille en vase clos.
Pour le Dr Grewal, les avantages sont à la fois pratiques et humains : charge de travail mieux répartie, responsabilités partagées, possibilité de discuter des cas complexes, et réduction de l’isolement inhérent à la pratique solo. « J’ai toujours préféré la pratique en groupe », dit-il. « C’est simplement une meilleure façon de travailler. »
« Le fardeau n’est plus individuel. En cas de problème, on a des collègues de confiance vers qui se tourner. »
L'art de choisir ses partenaires
Le Dr Grewal est méthodique dans ses recrutements — évaluant non seulement les compétences cliniques, mais aussi le caractère. La réputation compte. La compatibilité compte. Et souvent, l’instinct aussi.
« Il faut avoir un bon pressentiment », explique-t-il, reconnaissant que même l’évaluation la plus rigoureuse exige parfois un acte de foi.
Une fois intégrés, les attentes sont claires : l’équilibre prime. Les responsabilités sont réparties de manière équitable, indépendamment de l’ancienneté. Cela inclut la prise des appels et la gestion des cas les plus complexes. L’objectif n’est pas la hiérarchie, mais l’harmonie : créer un environnement où chaque associé se sent à la fois responsable et soutenu.
Recruter la prochaine génération
C’est dans sa façon d’aborder les associés que le rôle de Dr Grewal comme figure de proue de la profession apparaît le plus clairement.
La médecine dentaire, et plus particulièrement la chirurgie buccale, offre relativement peu de voies professionnelles. Pour les jeunes professionnels, le choix se résume souvent à devenir propriétaire ou à travailler comme salarié. De plus en plus choisissent le statut d’associé, attirés par la stabilité et réticents face aux complexités de la gestion de cabinet.
Le Dr Grewal comprend bien cette évolution. Il a constaté de près comment la formation limitée en gestion d’entreprise offerte à la faculté dentaire laisse les nouveaux diplômés mal préparés. Il a aussi vu les pressions économiques accrues rendre la situation encore plus difficile.
Dans son cabinet, le recrutement ne consiste pas simplement à pourvoir un poste vacant. Il s’agit de créer un parcours.
Les nouveaux associés sont intégrés dans un environnement où les attentes sont élevées, mais où le soutien fait partie intégrante du modèle. Les associés seniors offrent leur accompagnement, mais la relation n’est pas à sens unique. Les jeunes chirurgiens apportent de nouvelles techniques, de nouvelles perspectives et une énergie renouvelée. L’échange est mutuel.
C’est cet équilibre — entre mentorat et ouverture — qui permet aux associés de se projeter dans l’avenir du cabinet. Ils ne sont pas de simples employés : ce sont des associés potentiels.
Et c’est là, selon lui, la clé de la fidélisation.
Faire le pont entre les générations
L’un des défis les plus subtils dans un cabinet consiste à gérer les différences générationnelles, non seulement entre les dentistes, mais dans l’ensemble de l’équipe.
Les cabinets du Dr Grewal comptent des membres du personnel qui y travaillent depuis des décennies, certains depuis près de 40 ans. Leur expérience et leur autonomie sont précieuses, mais leurs attentes peuvent différer de celles des nouveaux employés.
Les jeunes employés recherchent souvent plus de structure, davantage de rétroaction et un équilibre travail-vie différent. Réduire cet écart demande une volonté réelle.
Pour le Dr Grewal, la solution passe par la communication et le respect : reconnaître les forces de chacun tout en établissant clairement les attentes quant à la collaboration. Il s’agit d’une autre forme de mentorat, qui dépasse les rôles cliniques pour englober la culture du cabinet dans son ensemble.
Une voix au-delà du cabinet
L’influence de Dr Grewal ne se limite pas à ses propres cabinets. Au fil des ans, il a occupé des postes de direction au sein de la profession, notamment comme président de l’Association dentaire de la Colombie-Britannique et de l’Association canadienne des chirurgiens bucco-dentaires et maxillo-faciaux. Il a également contribué à l’échelle nationale par l’intermédiaire de l’Association dentaire canadienne et comme membre du comité consultatif du CDSPI.
Ces rôles lui offrent une vision approfondie des politiques, de la gouvernance et des besoins évolutifs de la profession, mais le gain le plus précieux reste une capacité d’écoute aiguisée.
L’exposition à différentes perspectives, souligne-t-il, enrichit en fin de compte la pratique. C’est une autre façon de rester connecté — non seulement à ses collègues, mais aussi à l’évolution de la dentisterie.
Une vie bien remplie
Malgré les exigences de sa carrière, le Dr Grewal aborde la vie avec intensité — en s’investissant pleinement dans tout ce qu’il entreprend.
Cette philosophie dépasse le cadre du cabinet. La famille occupe une place centrale dans sa vie. Son fils de huit ans, Mason, et sa femme, Sony, qui gère le foyer, forment le cœur de son quotidien. Les voyages, tout comme son intérêt pour la géographie urbaine, lui apportent recul et renouveau.
Il veille aussi à entretenir des liens avec des personnes extérieures au monde de la dentisterie, dans un effort conscient pour éviter l’isolement que peut entraîner la spécialisation professionnelle.
Regard vers l'avenir
En réfléchissant à sa carrière, le Dr Grewal porte un regard lucide sur le contexte actuel. Il observe l’évolution de la conjoncture économique, le changement des mentalités face au travail et les débats sur les soins de santé et politiques sociales. Il s’inquiète notamment de la façon dont ces facteurs pourraient influencer les possibilités offertes à la prochaine génération.
Mais sa réponse est fidèle à la manière dont il a bâti son cabinet : demeurer engagé.
Pour le Dr Grewal, cela signifie recruter avec soin, accompagner avec intention et rester ouvert à ce que l’avenir réserve.
Car, au bout du compte, le succès d’un cabinet ne se mesure pas au nombre de ses succursales, mais au nombre de personnes qu’il aide à s’épanouir en son sein.