Cet article a été rédigé par le CDSPI en collaboration avec Zurich Compagnie d’assurances SA (Direction canadienne), qui fournit des conseils en gestion des risques et des données sur les sinistres à titre d’assureur de la couverture Trois-en-unMC du CDSPI.
Dans un cabinet dentaire, les dégâts d’eau ne se résument pas aux inondations spectaculaires ou aux canalisations qui explosent. Ils prennent souvent des formes plus sournoises : une fuite lente derrière un meuble, une conduite d’alimentation défectueuse ou un débordement du drain de condensat du système de chauffage, ventilation et climatisation (CVC).
Ce n’est souvent pas l’ampleur de la fuite initiale qui détermine la gravité du sinistre, mais plutôt le temps écoulé avant sa détection.
Les cabinets dentaires reposent sur un vaste réseau de plomberie qui alimente à la fois les soins aux patients, la stérilisation, le système CVC et les opérations quotidiennes. Cette infrastructure comporte de nombreux points de fuite potentiels, souvent dissimulés derrière les murs, sous les meubles ou dans les faux plafonds. Or, même une fuite mineure peut s’infiltrer dans les planchers, le gypse, le mobilier, les circuits électriques et l’équipement de soins avant d’être détectée.
Des sources de fuites nombreuses... et souvent invisibles
Voici des sources courantes de dégâts d'eau dans les cabinets dentaires :
conduites d’alimentation des fauteuils dentaires et des instruments à main
systèmes d’aspiration
stérilisateurs et laveurs désinfecteurs
chauffe-eau et pompes de surpression
conduites et bacs de récupération des condensats
plomberie dissimulée derrière les meubles, les murs et les plafonds
fuites provenant d’une unité voisine
Selon les données de Zurich pour le programme du CDSPI, près de 20 % des réclamations en assurance des biens sont attribuables à des dégâts d’eau. Les sinistres les plus coûteux sont généralement causés par des inondations ou des fuites en provenance d’unités voisines. Parmi les autres causes fréquentes figurent l’éclatement des conduites d’alimentation en eau de l’équipement dentaire et le gel de la tuyauterie.
Une fuite survenant en dehors des heures d’ouverture peut causer des dommages considérables. Par exemple, une fuite qui se déclenche un vendredi soir risque de s’aggraver pendant toute la fin de semaine sans être détectée avant le lundi matin. À ce stade, le cabinet doit souvent composer avec des planchers abîmés, des cloisons gorgées d’eau, sans oublier les travaux de traitement des moisissures, les vérifications d’équipement et, dans certains cas, une fermeture partielle ou totale.
Miser sur la détection précoce pour réduire les dégâts
Comme de nombreuses fuites passent inaperçues, des inspections régulières s’imposent. Le personnel du cabinet peut notamment surveiller les signes précurseurs suivants :
humidité ou taches sous les éviers et autour de l’équipement
carreaux de plafond décolorés
odeurs de moisi
humidité inexpliquée
accumulation d’eau
corrosion autour des raccords
changements de pression d’eau
Les tuyaux, raccords et conduites d’alimentation visibles doivent aussi être inspectés régulièrement et remplacés avant qu’ils ne cèdent. Zurich suggère d’utiliser des tuyaux tressés et de s’assurer que l’équipement qui utilise de l’eau soit muni d’un robinet d’arrêt clairement identifié et accessible.
La technologie de détection des fuites peut constituer une couche de protection supplémentaire. Parmi les solutions offertes, on trouve les détecteurs ponctuels (installés près des éviers ou des stérilisateurs), les détecteurs à câble, les systèmes de surveillance du débit ainsi que les robinets d’arrêt automatiques.
Pour choisir le système le mieux adapté, les cabinets peuvent vérifier si celui-ci :
détecte aussi bien les gouttes lentes que les défaillances soudaines ;
couvre les zones dissimulées ou sensibles ;
envoie les alertes rapidement ;
prévoit un relais en cas de non-réponse au premier contact ;
est équipé d’une batterie de secours ;
fonctionne en autonomie ou dépend du Wi-Fi ;
peut couper l’eau automatiquement.
Un détecteur n’a d’utilité que si l’alerte mène à une intervention rapide. Zurich souligne que les protocoles d’intervention et les procédures d’acheminement des alertes comptent tout autant que le matériel installé.
Anticiper les urgences hors des heures d'ouverture
Un plan d’intervention écrit peut aider le personnel à agir rapidement lorsqu’une fuite est découverte ou qu’une alarme se déclenche. Ce plan devrait préciser :
qui reçoit les avis d’alerte
qui est responsable d’intervenir en dehors des heures d’ouverture
où se trouvent les robinets d’arrêt
comment contacter le propriétaire ou le gestionnaire de l’immeuble
qui peut fournir un accès d’urgence à l’immeuble
quelle entreprise de nettoyage après sinistre contacter
comment le personnel et les patients seront informés si le cabinet est touché
Il peut aussi être judicieux d’établir une relation avec une entreprise de nettoyage après sinistre qualifiée avant qu’une urgence ne survienne. Zurich suggère de vérifier que l’entreprise offre un service 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, qu’elle dispose de l’équipement adéquat et qu’elle possède de l’expérience dans le secteur de la santé.
Avoir ces informations à portée de main permet de gagner un temps précieux lorsque chaque minute compte.
Réagir efficacement face à une fuite : les 8 gestes clés
Une fois la fuite localisée, la priorité est d’arrêter l’écoulement de l’eau, si la manœuvre peut être effectuée sans danger, et d’amorcer rapidement les mesures d’atténuation. Voici les gestes à poser :
Couper l’alimentation en eau de la zone touchée.
Contacter le propriétaire ou le gestionnaire de l’immeuble si la source de la fuite pourrait se situer à l’extérieur du cabinet.
Mettre les personnes à l’abri des risques électriques ou structuraux.
Appeler une entreprise de nettoyage après sinistre offrant un service d’urgence.
Photographier et documenter les zones endommagées.
Noter l’heure de la découverte de la fuite et les mesures prises.
Aviser l’assureur dans les plus brefs délais.
Conserver toutes les informations liées aux réparations, inspections, avis d’alerte et interventions des entrepreneurs.
La documentation peut aider à établir la cause du sinistre, le moment où l’intervention a eu lieu, ainsi que les mesures prises pour réduire les dommages supplémentaires.
L’instruction du dossier par l’assureur porte sur deux points : la nature du sinistre (soudain et accidentel, ou dû à une usure prolongée?) et la rapidité des actions correctives (coupure d’eau et séchage), car ces critères influent sur la couverture et le montant des réparations.
Les conséquences invisibles d'un dégât d'eau
Un dégât d’eau peut toucher bien plus que les planchers ou les cloisons sèches. Avant de rouvrir, un cabinet pourrait avoir besoin :
de séchage et de mesures d’assainissement
de mesures de prévention de la moisissure
d’inspections électriques
de tests de l’équipement
de meubles ou de planchers de remplacement
d’un contrôle des risques de contamination liés à l’humidité et aux moisissures
d’une coordination avec les entrepreneurs
d’une approbation pour la réoccupation sécuritaire des lieux
Ces interventions peuvent elles-mêmes prolonger l’interruption des activités, et ce, même si la fuite est réparée.
Selon les données de Zurich en matière de sinistres, les coûts liés à l’interruption des activités peuvent parfois dépasser ceux des réparations matérielles initiales. C’est particulièrement vrai lorsque s’ajoutent des inspections d’équipement, des enjeux de sécurité ou un délai de réoccupation des lieux.
Prévenir et vérifier sa couverture : un réflexe essentiel
Aucun cabinet dentaire ne peut éliminer complètement les risques liés à l’eau. La cause d’une fuite est parfois difficile à identifier : elle peut venir d’un voisin, d’une tuyauterie dissimulée dans les murs ou d’un élément qui cède brusquement.
Cela dit, des inspections régulières, des systèmes de détection des fuites, des robinets d’arrêt facilement accessibles, des procédures d’intervention claires et un soutien rapide en nettoyage après sinistre peuvent contribuer à limiter l’ampleur des dommages et la durée de l’interruption.
Il vaut également la peine de vérifier si votre protection de cabinet et votre couverture d’interruption reflètent adéquatement la valeur réelle de remplacement de votre équipement, de vos améliorations locatives, de votre technologie et de vos activités. Une discussion avec un conseiller en assurances du CDSPI Services consultatifs Inc. peut aider les propriétaires de cabinet à s’assurer que leur couverture évolue au même rythme que leur cabinet.
Cet article est offert à titre d’information générale en gestion des risques seulement. Il ne remplace ni un avis juridique, ni une consultation en assurance, ni un conseil professionnel.
L’assurance Trois-en-unMC est souscrite par Zurich Compagnie d’assurances SA (Direction canadienne). Une description complète de la couverture et des critères d’admissibilité, y compris les exclusions, restrictions et limites, se trouve dans les modalités de la police régissant le régime.